- Intervention du Ministre Délégué Chargé des Affaires Maghrébines et Africaines.
Intervention de Monsieur Abdelkader MESSAHEL,
Ministre Délégué Chargé des Affaires Maghrébines et Africaines
sur le sous-thème
« Gouvernance dans le développement »
9ème Forum pour le Partenariat avec l’Afrique.
Madame la Présidente,
Permettez-moi de commencer par dire que c’est un heureux et très opportun choix pour l’Afrique et pour ses partenaires au développement que d’avoir accepter de placer cette 9ème session du Forum pour le Partenariat avec l’Afrique sous le thème de la gouvernance et le développement.
Ce choix est judicieux dans ses fondements tout comme dans les attentes qui le sous-tendent.
Parmi les fondements, il y a, tout d’abord, l’évolution qualitative des préoccupations de l’ Afrique en matière de développement ainsi que celles des populations africaines dans leur légitime quête du bien être et de l’épanouissement. La fin de la guerre froide, la globalisation, la formation accélérée de grands espaces économiques intégrés et l’instauration progressive de nouvelles normes, règles et équilibres, ont vite généré pour l’Afrique de nouveaux dangers de marginalisation de ses intérêts et de ses préoccupations.
Il y a, en second lieu, le fait que dans la nouvelle configuration des relations politiques et économiques internationales, l’Afrique nourrit l’ambition d’être un acteur influent et non un sujet passif. En d’autres termes, notre continent a pris conscience de l’importance des atouts dont il dispose et de l’urgente nécessité de se doter des moyens les plus appropriés pour les exploiter et pour les rentabiliser au service exclusif de ses propres populations.
Cette prise de conscience s’est traduite par l’adoption d’une vision nouvelle en matière de développement, mais aussi en matière d’organisation politique, institutionnelle et économique. Cette vision repose sur la rupture avec les pratiques du passé et la promotion de tous les leviers favorables à l’insertion progressive et harmonieuse du continent dans la dynamique globale de mondialisation. L’appropriation et la responsabilisation des destinées du continent sont les fondations de cette nouvelle vision.
Au plan continental cette prise de conscience s’est traduite par la mise en Place d’une nouvelle architecture institutionnelle dans laquelle les principes, les objectifs et les instruments servant la paix, la stabilité, l’Etat de droit, la démocratie, la libre initiative, la justice, la participation populaire et la représentation parlementaire des peuples occupent une place primordiale.
Les efforts déployés dans ce cadre donnent aujourd’hui à l’Afrique quelques motifs de satisfaction et de puissantes raisons pour persévérer dans cette voie.
De fait, le nombre de conflits armés a été ramené de treize à trois - soit le Soudan, la Somalie. et le Sahara Occidental - lesquels sont pleinement encadrés par des initiatives africaines ou internationales pour faciliter leurs solutions. La mise en place de l’Architecture africaine de paix et de sécurité est en bonne voie, y compris en ce qui concerne le système de prévention des conflits et le déminage. Le Parlement pana africain atteste de la vitalité et de la reconnaissance de la représentation populaire, le conseil économique, social et culturel assoit le rôle croissant reconnu aux partenaires sociaux et aux organisations de la société civile, alors que la cour africaine de justice travaille à l’ancrage normatif et institutionnel de la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales, Les efforts se poursuivent dans cette même voie.
Au plan national l’écrasante majorité des pays africains, si ce n’est la totalité, mènent, dans ce même esprit, de profondes réformes institutionnelles, politiques et économiques. Les premiers résultats déjà perceptibles de ces réformes sont aussi motifs à satisfaction. Les espaces démocratiques s’élargissent, le pluralisme politique et médiatique se développe, l’une devient le passage obligé pour l’accession au pouvoir, alors que les fondements et surtout la culture de l’état de droit se développent. Les taux de croissance réalisés sont honorables et les perspectives sont moins sombres, en dépit de la persistance de la pauvreté, des pandémies et surtout d’un environnement international encore foncièrement défavorable aux économies africaines et à leurs besoins.
Ces dynamiques de changement et de transformation nationale et continentale dans lesquelles les pays africains se sont engagés individuellement et collectivement convergent vers un seul objectif fondamental : inscrire le continent dans la voie de la modernité, de la compétitivité et de la prospérité par la valorisation de ses propres potentialités et par une exploitation rationnelle de ses nombreux atouts. Ces atouts sont, faut-il le rappeler sa population, ses espaces inexploités, ses immenses ressources naturelles presque encore à l’état vierge, l’abondance de ses eaux, la densité de ses forêts, et aussi l’importance croissante de ses marchés, pour ne citer que ceux-¬là.
Madame la Présidente,
Le dénominateur commun à ces réformes continentales et nationales tient en un seul mot : la promotion de la bonne gouvernance et la mise en place des instruments nécessaires à cette fin.
Dans cette entreprise de longue haleine, dans laquelle elle s’est engagée par conviction et certainement ni sous la pression ni sous les injonctions extérieures, l’Afrique entend consentir les efforts nécessaires et mobiliser à cette fin les moyens dont elle dispose. Elle entend aussi y impliquer activement ses partenaires au développement.
La nouvelle architecture institutionnelle continentale mentionnée plus haut, le Nepad, ainsi que le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs répondent à cette logique de mobilisation d’ensemble.
L’éloquent exposé que le Professeur Adededji vient de nous présenter sur le mécanisme africain d’évaluation par les pairs atteste de l’importance que l’Afrique accorde de plus en plus, à travers cet instrument qui reste unique en son genre, à la promotion de la bonne gouvernance dans les différents domaines d’activités et de .la disponibilité des pays africains qui se sont volontairement soumis à l’exercice d’évaluation par les pairs à favoriser l’instauration de modes et de méthodes de gouvernement et de gestion conformes aux normes et règles universelles.
Ce mécanisme commence à peine à. révéler toute l’étendue de son utilité à la promotion de la bonne gouvernance en Afrique. A travers les cinq revues réalisées à. ce jour, il a permis à chaque pays de mieux connaître ses réalités, de prendre conscience de ses points forts, de cerner de près les défis à relever et de définir les programmes appropriés à mener.
Ce mécanisme a permis également de souligner les faiblesses institutionnelles, gestionnelles, économiques, organisationnelles et autres qui entravent les dynamiques de développement et de modernisation des sociétés africaines. Il a, enfin, permis de recenser lm important capital de bonnes pratiques africaines, lesquelles apparaissent comme un important gisement d’expériences et d !enrichissement mutuel entre’ les pays africains eux-mêmes.
L’Afrique entend consolider le caractère purement africain de ce mécanisme, d’abord par l’amélioration constante de son fonctionnement, ensuite par sa mise à l’abri de toute utilisation politicienne ou de toute tentative possible de son instrumentalisation interne, ou encore plus externe, à des fins de pression ou toute autre que celle pour laquelle il a été créé.
S’agissant de l’implication des partenaires au développement dans la promotion de la bonne gouvernance sur le continent, l’Afrique a tout naturellement beaucoup d’attentes. Permettez moi d’en rappeler quelques unes dans les domaines les plus pressants et dans lesquels les effets sur les, processus de transformation, de développement et de modernisation des sociétés africaines seraient certainement les plus visibles.
Il s’agit d’abord d’œuvrer à l’amélioration des fondamentaux de la gouvernance à l’échelle globale.
Faut-il rappeler, à cet égard, que le blocage du cycle de Doha pénalise d’abord et surtout les producteurs de coton africains, aggrave leur précarité et entrave les perspectives de développement et de modernisation de leurs pays respectifs. La persistance de la faiblesse des investissements étrangers renchérit les coûts de production et alimente un chômage déjà endémique en dépit des importants efforts consentis pour attirer les capitaux. La fermeture des marchés des pays développés réduit les perspectives d’exportation des produits africains et limite les capacités de production et d’accumulation sur le continent. Les lacunes persistantes dans les dispositifs de lutte contre les corrupteurs dans les pays développés entravent le combat livré aux corrompus et à la corruption dans les pays africains et contribuent toujours à ternir l’image et les efforts du continent pour se débarrasser de ce fléau. Les politiques de migration choisies sont ouvertement justifiées par les équilibres du marché international du travail au mépris des graves implications de l’exode des compétences sur le développement des pays africains. La liste est malheureusement longue.
Il s’agit, ensuite, d’accompagner concrètement l’Afrique dans le domaine de la prévention et du règlement des conflits tout comme dans celui de la préservation de la paix après les conflits, domaines dans lesquels le continent met en œuvre des mesures audacieuses et des mécanismes novateurs. Qu’il s’agisse du système d’alerte précoce, de la force africaine, de la lutte contre le terrorisme, du déminage ou tout simplement des secours humanitaires, de vastes possibilités s’offrent aux partenaires au développement en vue de contribuer au succès des efforts propres de l’Attique. Il en est de même dans le domaine du développement économique et social, de grandes opportunités se présentent. Aussi pour que les partenaires apportent un" appui effectif pour conforter l’Afrique dans son action en vue de la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement et des autres objectifs de développement.
Il s’agit, enfin, d’accompagner les pays africains qui le’ souhaitent dans la mise en œuvre des programmes d’action issus des processus d’évaluation et destinés à améliorer la gouvernance dans les différents domaines d’activités.
Madame la présidente,
Nous ne doutons pas’ que notre Forum a, justement, un rôle important à jouer pour contribuer à l’élan pris par l’Afrique. Les recommandations que nos travaux dégageront mais aussi nos actions devront aller dans ce sens.
Notre partenariat demeure soumis au test du temps mais aussi des actions concrètes.
Je vous remercie.
- LISTE DES PAYS MEMBRES DU MECANISME AFRICAIN D’EXAMEN PAR LES PAIRS
LISTE DES PAYS MEMBRES DU MECANISME AFRICAIN D’EXAMEN PAR LES PAIRS
1. Algerie
2. Angola
3. Cameroun
4. Republique du Congo
5. Egypte
6. Ethiopie
7. Gabon
8. Benin
9. Burkina Faso
10. Mali
11. Mauritius
12. Senegal
13. Tanzanie
14. Lesotho
15. Sierra Leone
16. Malawi
17. Ghana
18. Kenya
19. Mozambique
20. Nigeria
21. Rwanda
22. Afrique du Sud
23. Soudan
24. Ouganda
25. Zambie
26. Sao Tome et Principe
27. Djibouti
- Les objectifs du millénaire pour le développement
LES OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT
Source : ONU
Dans la déclaration du millénaire (2000), les Nations Unies ont défini huit objectifs de développement (OMD), les objectifs du millénaire pour le développement, qui fixent un ordre du jour et un échéancier visant à améliorer les conditions de vie des populations dans le monde d’ici à 2015.
OBJECTIF 1 - Réduction de l’extrême pauvreté et de la faim
L’extrême pauvreté est la réalité quotidienne de 1 milliard d’êtres humains qui vivent avec moins de 1 dollar par jour. Disette et malnutrition se répartissent presque également : plus de 800 millions de personnes n’ont pas assez à manger pour satisfaire leurs besoins quotidiens d’énergie.
Dans le cas des jeunes enfants, ce déficit peut être dangereux parce qu’il retarde leur développement physique et mental et menace leur survie. Plus du quart des enfants de moins de 5 ans des pays en développement sont mal nourris. Il est possible de surmonter la pauvreté et la faim.
OBJECTIF 2 - Assurer l’éducation primaire pour tous
C’est l’éducation qui permet de choisir la vie que l’on mènera et de s’exprimer avec confiance dans ses relations personnelles, son milieu et son travail. Les 115 millions d’enfants d’âge à être scolarisés dans le primaire qui ne sont pas scolarisés se voient refuser l’exercice d’un droit fondamental. Il s’agit surtout d’enfants de familles pauvres, dont la mère, le plus souvent, n’a pas fréquenté l’école non plus.
Ce gaspillage de potentiels ne touche pas seulement les enfants car l’éducation, notamment celle des filles, comporte des avantages sociaux et économiques pour l’ensemble de la société. Une femme éduquée a de meilleures perspectives économiques et participe davantage à la vie publique. Si elle est mère, elle tend à avoir des enfants moins nombreux mais en meilleure santé, qui ont plus de chances d’aller à l’école.
Tous ces points positifs sont autant d’armes contre le cercle vicieux de la pauvreté. Cinq régions approchent de l’enseignement primaire universel. Mais pour qu’elles atteignent cet objectif, il faudra renforcer considérablement l’action entreprise en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et en Océanie.
Dans ces régions et ailleurs, il faut aussi s’efforcer, tout en les scolarisant, de maintenir les enfants à l’école, surtout les plus difficiles à atteindre, et de leur donner une éducation de qualité.
OBJECTIF 3 - Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes
L’égalité des sexes, qui est inscrite dans les droits de l’homme, est au cœur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Sans elle, on ne pourra vaincre ni la faim, ni la pauvreté, ni la maladie.
C’est dire que l’égalité doit être réelle à tous les niveaux de l’enseignement et sur tous les lieux de travail, et que la maîtrise des ressources et la représentation dans la vie publique et politique doivent être également partagées. Parvenir à la parité dans l’enseignement - à l’école primaire et au-delà - est une condition préalable à la pleine participation des femmes à la vie sociale et à l’économie mondiale.
Dans trop de pays, les filles sont des laissées pour compte. Parmi les nombreux avantages qu’offre un enseignement de qualité, il y a la sécurité qui s’attache au travail rémunéré. Or, les femmes sont trop souvent reléguées dans des emplois précaires et mal payés. Bien que leur place dans les emplois non agricoles rémunérés ait augmenté, elles restent une petite minorité dans les emplois salariés dans beaucoup de régions, tout en étant surreprésentées dans le secteur informel de l’économie.
Donner aux femmes un pouvoir égal d’intervention dans les décisions qui influent sur leur vie, du sein de la famille aux instances les plus élevées du gouvernement, c’est leur donner la clef de leur autonomie. Or, bien que leur représentation dans les parlements nationaux augmente régulièrement depuis 1990, elles n’occupent encore que 16 % des sièges parlementaires dans le monde.
OBJECTIF 4 - Réduire la mortalité infantile
La mort d’un enfant est toujours un événement tragique. Près de 11 millions d’enfants meurent chaque année (c’est-à-dire 30 000 par jour) avant d’atteindre l’âge de 5 ans. Ils vivent pour la plupart dans des pays en développement et meurent d’une maladie ou d’un ensemble de maladies qui auraient pu être prévenues ou guéries à peu de frais avec les moyens dont on dispose déjà. Parfois, ces décès sont dus simplement au manque d’antibiotiques pour soigner une pneumonie, ou de sels de réhydratation pour mettre fin à une diarrhée.
La malnutrition est présente dans plus de la moitié des cas. La mortalité des enfants est étroitement liée à la pauvreté : les progrès des taux de survie des enfants de moins d’un an et de ceux de moins de 5 ans sont les plus lents dans les pays pauvres et dans les tranches les plus pauvres de la population des pays riches.
La solution du problème passe par l’amélioration des services de santé publique, notamment les équipements d’adduction d’eau et d’assainissement. L’enseignement, notamment quand il touche les filles et les mères, est aussi un moyen de sauver des vies d’enfant.
Relever le niveau de revenu n’est pas non plus inutile mais les résultats restent maigres si les services nécessaires n’atteignent pas ceux qui en ont le plus besoin.
OBJECTIF 5 - Améliorer la santé maternelle
Une naissance devrait être un motif de réjouissance mais plus d’un demi-million de femmes meurent tous les ans pendant la grossesse ou l’accouchement. Elles sont 20 fois plus nombreuses à être atteintes de lésions ou d’invalidités graves qui, si elles ne sont pas soignées, peuvent être sources de douleurs et d’humiliations pour le restant de leurs jours.
La mort d’une mère peut être particulièrement tragique pour les enfants qu’elle laisse plus exposés à la pauvreté et à l’exploitation. Les pays qui affichaient déjà des taux de mortalité maternelle faibles ont fait encore des progrès. Cela ne suffit pas. Faire baisser ces taux dans les pays où il sont le plus élevés exige des ressources supplémentaires pour que la majorité des accouchements se fasse en présence de médecins, d’infirmières ou de sages-femmes capables de prévenir et de déceler les complications obstétriques et d’y faire face le moment venu.
Lorsqu’un problème se présente, il faut que la mère puisse gagner à temps un centre médical bien équipé. L’universalisation des soins de santé génésique, y compris de la planification familiale, est le premier préalable à la santé maternelle.
Il est particulièrement important de pourvoir aux besoins des jeunes gens, qui sont 1,3 milliard à entrer dans la phase reproductive de leur vie. À l’heure actuelle, 200 millions de femmes manquent de services de contraception sûrs et efficaces.
OBJECTIF 6 - Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies
Depuis le premier cas de sida, il y a 25 ans, le virus est devenu la cause principale des décès prématurés en Afrique subsaharienne, et la quatrième cause de décès dans le monde. Plus de 20 millions de personnes sont mortes depuis le début de l’épidémie et on estime à 39 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH à la fin de 2004. Outre les souffrances impossibles à chiffrer qu’elle a imposées, l’épidémie a effacé des décennies de développement dans les pays les plus touchés.
D’autres maladies ne font pas la première page des journaux mais privent aussi de leur vitalité et de leurs espérances les populations du monde en développement. Le paludisme tue 1 million de personnes par an, des enfants pour la plupart, et l’on estime qu’il a amputé de 1,3 % le taux annuel de croissance économique des pays africains.
La tuberculose, réputée définitivement vaincue, apparaît de nouveau, avec des souches de bacille pharmacorésistantes et les vulnérabilités dues au sida et à son virus. Évidemment, ces trois maladies se concentrent dans les pays les plus pauvres. Or, on peut les maîtriser en grande partie grâce à l’enseignement, à la prévention et, lorsqu’elles frappent, à la thérapeutique et aux soins.
OBJECTIF 7 - Assurer un environnement durable
Assurer un environnement durable signifie exploiter intelligemment les richesses naturelles et protéger les écosystèmes complexes dont dépend la survie de l’humanité.
Cet objectif ne peut être atteint avec les schémas de consommation et d’exploitation d’aujourd’hui : les terres se dégradent à un rythme alarmant ; les espèces animales et végétales disparaissent en nombre record ; les climats changent, entraînant des risques de hausse du niveau des mers et d’aggravation des sécheresses et des inondations ; les poissons et la ressource marine sont surexploités.
Les populations rurales pauvres sont les plus directement touchées par ces phénomènes parce que leur vie quotidienne et leurs moyens de subsistance dépendent souvent des ressources que fournit leur milieu. Si l’exode vers les villes a réduit la pression qui s’exerçait sur les terres arables, il a grossi la population qui vit dans des taudis insalubres et surpeuplés.
Dans les villes et en dehors, des milliards de gens n’ont ni source sûre d’eau potable ni sanitaires. L’élimination de ces obstacles et la solution des autres problèmes écologiques supposent que l’on s’intéresse davantage au sort des populations pauvres et que l’on renforce la coopération mondiale à un niveau sans précédent.
Les initiatives prises pour empêcher la couche d’ozone de continuer à s’appauvrir montrent que les progrès sont possibles si la volonté politique existe.
OBJECTIF 8 - Mettre en place un partenariat mondial pour le développement
L’idée que la lutte contre la pauvreté est collective et que tous les pays ont intérêt à y participer est au cœur des Objectifs du Millénaire pour le développement. Ce sont les pays en développement qui portent la responsabilité de la réalisation des Objectifs, mais le soutien international est crucial aussi, surtout pour les pays les plus pauvres et ceux qui souffrent de leur isolement géographique.
Dans une économie mondialisée, il faut également ouvrir les perspectives qui, en matière d’échanges, de stabilité financière internationale et de transfert de technologies permettront aux pays en développement de saisir les occasions de s’engager dans un développement soutenu et de l’accélérer.
La Déclaration du Millénaire des Nations Unies formalise l’engagement pris par les pays en développement de gérer sainement leur économie, de s’attacher à leur propre développement et de répondre aux besoins humains et sociaux de leurs populations. Les pays développés de leur côté se sont engagés à soutenir les pays plus pauvres de leur aide, en commerçant avec eux et en allégeant leur dette.
Pour que ce partenariat ait un sens, il faut qu’il réponde aussi aux besoins des pays en développement en matière de technologie, de moyens médicaux et d’emplois, notamment à l’intention de la jeunesse.
- Discours du Président de la République
Discours du Président de la République à l’occasion de la 9e session du Forum pour le Partenariat avec l’Afrique
"Monsieur le Président de la République Fédérale d’Allemagne,
Altesses,
Messieurs les Ministres et Représentants Personnels des Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs.
Je tiens à vous souhaiter la bienvenue parmi nous et vous assurer que mon pays ne ménagera aucun effort pour contribuer au plein succès de vos assises.
Nous sommes particulièrement honorés de la présence parmi nous de son Excellence Horst Kohler, Président de la République Fédérale d’Allemagne.
Sa participation à cette cérémonie d’ouverture est un signal fort de l’importance qu’accordent l’Allemagne et le G8, dont elle assure la présidence, à ce forum et à son rôle crucial dans la promotion du partenariat entre l’Afrique et les pays développés.
Nous savons, M. le Président, l’intérêt personnel que vous portez à l’Afrique et à son devenir. Votre initiative "Partenariat avec l’Afrique" porte témoignage de cet engagement et vient conforter les efforts déployés à cette même fin aux plans bilatéral et multilatéral.
Comme vous l’avez souligné à différentes reprises, " l’Afrique est un continent d’avenir". Cette conviction est aussi la nôtre. La prospérité de l’Afrique est aussi celle de ses partenaires. Cئest dans cet esprit que nous inscrivons notre relation avec les pays du G8, une relation que nous voulons mutuellement bénéfique, en pleine rupture avec la logique de l’assistanat qui a prévalu par le passé.
Comme nous l’avons souvent répété, à travers les principes et les objectifs du NEPAD, le développement du continent interpelle en premier lieu les Africains eux-mêmes. Il doit répondre aux attentes réelles des populations africaines et ne peut se réaliser qu’avec leur participation active. Il repose, d’abord et avant tout, sur la mobilisation et la valorisation des ressources naturelles dont dispose le continent.
L’accompagnement de ces efforts par les partenaires au développement et par la communauté internationale en général reste, évidemment, une exigence incontournable. Pour être réellement effectif, cet accompagnement devrait être centré sur les priorités définies par les Africains eux-mêmes.
Dans le cadre de ce Forum pour le Partenariat avec l’Afrique, l’objectif premier doit donc rester d’oeuvrer à une meilleure conjugaison de nos efforts pour que la dynamique de dialogue, de coopération solidaire et de partenariat mutuellement bénéfique enclenchée depuis Kananaskis réponde pleinement à nos espoirs et à nos attentes.
Cette présente réunion pourra valoriser les importants progrès réalisés dans cette voie. Elle ne manquera pas aussi de trouver les moyens nécessaires pour les consolider. L’ampleur des défis à relever n’est pas à souligner car, dans les conditions actuelles, l’Afrique sera très probablement le seul continent à ne pas atteindre les objectifs du Millénaire à l’horizon 2015. Il est encore temps d’agir, d’agir vite et d’agir ensemble.
C’est là le message que nous avons retenu du Sommet du G8 à Heiligendamm.
Ce message devrait inspirer et guider vos débats.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
Les pays africains se sont tous engagés dans de vastes programmes de réforme. Si l’on peut évaluer positivement les premières retombées de ces réformes, il ne fait guère de doute qu’elles sont encore insuffisantes.
Ainsi, en matière économique, les taux de croissance honorables réalisés par un grand nombre de pays africains ne sont pas accompagnés par une régression significative de la pauvreté. En matière de santé, d’éducation, d’emploi, de logement et de satisfaction des besoins vitaux des populations, les défis restent importants et pressants.
Les processus de refonte et de modernisation des institutions en charge du développement ont montré l’étendue du chemin qui reste à parcourir pour disposer d’institutions capables de répondre efficacement aux besoins quantitatifs et qualitatifs de nos sociétés et de nos économies. Ces processus ont mis en lumière l’importance cruciale de la question de la gouvernance dans les dynamiques de transformation des sociétés. La gouvernance, la bonne gouvernance représente en fait le levier central et le moteur principal du développement.
C’est pourquoi nous accordons désormais une attention soutenue à la gouvernance. C’est pourquoi aussi nous avons proposé que votre rencontre d’aujourd’hui soit placée sous le thème de la gouvernance en relation avec le développement.
A l’évidence, la réussite du processus de développement est tributaire de l’amélioration et de l’ancrage durable des règles et normes de bonne gouvernance dans tous les domaines d’activité. Nos efforts dans cette direction tendent particulièrement vers la transparence dans la gestion des finances publiques, la création d’un environnement institutionnel favorable au développement des investissements nationaux et étrangers et également la lutte contre le terrible fléau de la corruption.
Cette lutte contre la corruption plus particulièrement, est devenue l’une de nos préoccupations majeures. Sur notre continent plus qu’ailleurs, chaque acte de corruption a des effets désastreux sur le développement socioéconomique.
L’éradication de ce phénomène nécessite la mobilisation effective et l’engagement actif de tous les pays africains mais aussi de leurs partenaires au développement.
Les initiatives prises à cette fin par l’OCDE et la Banque Mondiale sont certes méritoires, mais elles restent limitées dans leur portée. Mais il est clair que la promotion de la gouvernance en Afrique ne peut-être réduite à la seule lutte contre la corruption ni en être la principale motivation.
Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,
La mise en place du mécanisme africain d’évaluation par les pairs répond à ces préoccupations. Ce mécanisme exprime une volonté de dépassement et de rupture avec des approches et des méthodes de gouvernance qui ont montré leurs limites et n’ont pas permis au continent de progresser. Plus de la moitié des pays membres de l’Union Africaine ont déjà adhéré à ce mécanisme, alors que les processus d’évaluation se déroulent dans un nombre croissant de pays.
L’effort déployé à travers le mécanisme africain d’évaluation par les pairs participe d’une démarche globale qui s’emploie à créer une culture de la transparence et à mettre en place des institutions destinées à réduire les zones de conflits armés, à élargir les espaces de paix et de stabilité, à encourager lé légitimité constitutionnelle et la représentation populaire, à instaurer et à consacrer des systèmes de gouvernance démocratiques et largement participatifs, et à favoriser les processus d’intégration régionale et continentale.
L’Algérie s’inscrit pleinement dans cette logique de renouveau africain. Nous avons engagé de profondes réformes tendant à asseoir durablement la démocratie, l’Etat de droit, le pluralisme politique, la liberté d’expression, la protection et la promotion des droits de l’homme, l’égalité des chances et la justice sociale.
Ces réformes touchent à tous les secteurs stratégiques de la vie de notre société.
La politique de concorde civile et de réconciliation nationale, plébiscitée par le peuple algérien, a permis le retour de la paix et la stabilité ainsi que la canalisation des efforts et des moyens de la nation tout entière vers la relance du développement socioéconomique du pays.
L’Algérie est aujourd’hui un immense chantier institutionnel, économique, social et culturel, mu par une ferme volonté de mobiliser et de consacrer toutes ses ressources à la mise en place des instruments permettant au pays d’être au diapason des exigences de la modernité.
Nous nourrissons la même ambition pour notre continent dont le développement et la prospérité restent notre souci permanent et l’objet de tous nos efforts.
Je souhaite plein succès à vos travaux et vous remercie de votre aimable attention".
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